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Histoire moderne
Repères : la France  l'époque moderne

L'époque dite moderne s'étale de la fin du Moyen Age (date officielle : 1492) à la Révolution, trois siècles aboutissant donc à une totale remise en cause de l'ordre établi depuis la chute de l'empire romain.

En France, cette période est surtout connue pour l'affirmation de la MONARCHIE ABSOLUE, notamment à partir d'Henri IV (roi de 1589 à 1610), et dont l'apogée se situe sous Louis XIV (roi de 1661 à 1715). Ce régime de gouvernement ne naît pas sans difficultés : les puissants du royaume, qui digèrent mal l'omniprésence hégémonique de la Couronne, se révoltent dès 1590 ("Guerre de la Ligue") et encore autour de 1650 ("La Fronde"). Rien n'y fait : ces tentatives de limiter le pouvoir royal et partager celui-ci avec un ou des "parlements" avortent. Le Roi s'en sort grandi : pour la dernière fois avant 1789, les trois Ordres sont réunis en ETATS GENERAUX en 1614 (sous Louis XIII). Pendant 175 ans, les souverains sont seuls maîtres à bord après Dieu dont ils tiennent, paraît-il, ce pouvoir.

Ce renforcement de l'état monarchique coûte cher : les politiques de Mazarin, de Richelieu, de Colbert nécessitent la levée d'impôts et taxes nouveaux. Subissant déjà les ponctions seigneuriales et ecclésiastiques dans un contexte économique délicat, le peuple de France "d'émeut". De 1624 à 1648, il n'est pas d'années sans révolte, de la Normandie au Poitou, et surtout dans le Centre et le Sud-Ouest. Le Midi n'échappe pas à ces révoltes essentiellement anti-fiscales, perturbant sérieusement les revenus de l'Etat sur fond de crise politique. Le jeune Louis XIV, profondément marqué, saura en tirer les enseignement.

Parmi ces crises, il en est une particulièrement profonde et durable : se superposant aux autres, la crise religieuse née de l'émergence du PROTESTANTISME divise et saigne le royaume - et particulièrement le Midi -de 1530 à 1789. Pendant deux siècles et demi, on assiste à une guerre civile plus ou moins larvée suivant les moments. Dans notre région, le souvenir de cette époque pénible reste extrêmement vivace.

Malgré tout, après 1600 surtout, la vie des Français, encore très largement ruraux, tend à s'améliorer : la population augmente régulièrement de 1450 à 1680 et, dans le Midi, on se rapproche des densités d'avant 1325. Cette hausse démographique tient à la fois des progrès dans les rendements agricoles et des choix dans les cultures : le seigle s'impose, l'orge est abandonné. D'ailleurs, dès avant 1500, les défrichements ont repris. D'autre part, le recul de la mort est assez sensible ; les pestes notamment, s'espacent de plus en plus, le dernier cas d'ampleur étant celui de Marseille en 1720. Enfin, nous vivons une époque préindustrielle, où le monde paysan se dote d'activités d'appoint, essentiellement textiles.

Cependant, cette économie demeure très fragile : elle n'est pas toujours à l'abri des aléas climatiques, entraînant des "chèretés" et son lot de disettes. Ces dernières sont endémiques dans le Midi entre 1680 et 1695. L'élan démographique est stoppé net. Il ne reprend que timidement après 1740. Cause immédiate de la révolution, la décennie 1780-1790 est aussi une série de mauvaises saisons et de grain cher. Elle s'ajoute aux mécontentements plus profonds, accumulés pour certains de longue date (problèmes des ponctions royales, seigneuriales, ecclésiastiques, problèmes religieux) ; l'ensemble forme, avec la crise politico-financière que connaît le royaume, ce "cocktail explosif" de 1789-1791 : c'en est fini de la monarchie absolue, le pays s'est doté d'une constitution. Une nouvelle ère commence...

La vie économique et municipale : les syndics ou consuls

Un précieux document du 27 mars 1482 nous renseigne sur les habitudes communautaires et donne quelques éléments sur la vie économique. Cet acte est d'abord un pacte conclu entre le seigneur, JEAN DE BOZENE, et les habitants de Junas et Gavernes : enfin, le seigneur est disposé à construire UN MOULIN A BLE, mû par l'eau du ruisseau de Corbières. A cette fin, le seigneur à convoqué les PROCUREURS de Junas, qui s'engagent en signant l'acte pour toute la communauté. Nous ne savons pas comment étaient désignés ces procureurs, mais il semble que jusqu'à cette date, ces représentants étaient plus ou moins informels. En effet, la sixième clause stipule "que comme pour le passé lesdits habitants n'avoient accoustumés que de constituer des procureurs, pour leurs affaires (...), ledit seigneur leur a concédé la liberté, le droit et la faculté de pouvoir à l'advenir faire et instituer des sindicqs au lieu et place desdits procureurs, pour pourvoir et avoir soing des affaires de ladite communauté, lesquelles sindicqs auront les mesme pouvoir que les autres sindicqs des lieus circonvoisins, suivant l'usage de la province, lesquelles ils pouvront choisir et eslire chasque année et à chascune feste de tous les saints ou en tel autre feste que lesdits habitants esliront à leurs volontés".

Ainsi est officialisé la fonction de représentant laïque. Le terme de syndic a disparu au XVIIIème siècle, remplacé par celui de CONSUL. Vers 1740, l'usage se perpétue : il y a deux consuls, assisté par un CONSEIL POLITIQUE formé des notables de Junas. Par contre, la cadence des "élections", théoriquement annuelle, varie considérablement : ainsi Antoine Bastide et Philippe Duplan conservent leur titre plus de 12 ans, sans qu'il y ait trace de réélection... (voir ci-dessous la liste des consuls connus).

Liste des consuls connus et premier maire

en 1482?
en 1654Jean Cabane
en 1742Antoine Bastide, Philippe Duplan
élus le 4/1/17561er consul : Jacques Persin fils,ménager
 2ème consul : Jean Lange, chirurgien
élus le 31/1/17601er consul : Jean Izaac Arnaud, ménager
 2ème consul : Jean Lange (reconduit)
élus le 1/2/17661er consul : Jacques Favas, ménager
 2ème consul : Jean Lange (3ème mandat)
élus le 1/1/1767les même reconduits
élus le 3/1/17681er consul : Izaac Soucal
 2ème consul : Pierre Puech, teissier
élus le 1/1/17691er consul : Antoine Sabatier
 2ème consul : Pierre Puech (reconduit)
élus le 1/1/17701er consul : Louis Papineau
 2ème consul : Michel Lange
élus le ?/2/17751er consul : Estienne Benezet
 2ème consul : Jean Lange
  
1790 - 1791PREMIER MAIRE DE JUNAS : Antoine Fournel



























Du blé au moulin...

Il ne reste que des ruines du moulin à eau, mais quelles ruines ! C'est toute une infrastructure qui a été édifiée : un canal de dérivation, une énorme retenue d'eau maçonnée de toutes parts (une "rescluse" comme l'appelle l'acte de 1482), une terasse elle aussi maçonnée, tout au long de cette retenue d'eau, trois ponts, une rampe d'accès à l'un d'eux... (voir dessin). Sans oublier le moulin lui-même bâti sur une voûte, fermée par une abside en "cul de four" qui recevait la roue à aubes, probablement couchée. Des fouilles permettraient de savoir s'il n'y avait pas une seconde roue ; sur ce sujet, le texte de 1482 est peu clair, mais la mise au point d'un moulin double y est envisagée. La cinquième clause de l'acte autorise en effet "des estrangers" (au village) à venir moudre leur blé à Corbière, sans supplément de prix. Tout ceci tend à montrer le déficit en moulins de la région. Vers 1500, la population croît de nouveau, et un règlement du seigneur d'Aubais indique que les défrichements ont repris. A cette époque encore, l'agriculture de subsistance prime : les céréales, à Aubais par exemple, représentent 80% de la Surface Agricole Utile (S.A.U.).

La combe de Fond de Boulet

Pagnol l'a brillament écrit : LE problème de l'agriculteur méditerranéen, c'est l'EAU. D'une manière générale, Junas n'en manquait pas. Cependant, certains endroits étaient privilégiés, d'autres moins. La combe de Font de Boulet s'inscrit dans le second cas de figure, avec sa résurgence intermittente (elle n'est en activité qu'après de fortes précipitations). Aussi, l'homme a t-il dû construire en cet endroit un réseau hydraulique qui constitue une véritable curiosité ; difficile à dater d'autant que bien abîmé, cet aménagement pourrait remonter à la fin du Moyen Age ou au XVIème siècle.

La combe forme un "U3 tourné vers le Sud-Ouest. Le fond de ce U est marneux, les bordures rocheuses, fortement pentues. Pour recueillir les eaux d'infiltration et de ruissellement au fond de la combe, celle-ci avait été barrée par un fossé maçonné ; de ce fossé partait perpendiculairement un canal de drainage, chargé quant à lui de collecter les eaux provenant des bordures de la dépression. Cet ensemble formait donc une sorte de T.

Puis, à la moitié de la combe, ce réseau de drainage rejoignait la résurgence dont il est question plus haut. La résurgence capté et le canal débouchaient sur un ensemble complexe de bassins de retenue (au moins deux bassins) et de canaux d'irrigation desservant dans la partie haute de la combe des bancels ou terrasses. Une part de ces canaux sont souterrains, étayés et couverts par des dalles plates ressemblant à des bards. Un bassin demeure énigmatique : il semble "compartimenté". Peut-être s'agit-il de ce que les Romains nommaient "castellum", c'est-à-dire le lieu d'où se faisait la répartition de l'eau. Cet ensemble unique dans la proche région, mériterait d'être nettoyé et conservé. Nous avons pu vérifier que, malgré les dégradations, il fonctionne encore, après de fortes pluies.

Font de Boulet et son réseau hydraulique a probablement été un lieu très fréquenté et intensément mis en valeur (culture maraîchères ?). en témoigne la très forte concentration de CAPITELLES (vocabulaire local) en cet endroit. L'orientation de cette combe en fait un terrain privilégié.

Le moulin à vent

Immédiatement à l'Ouest, à 100 mètres au-dessus de Font de Boulet, subsiste la forte tour d'un ancien MOULIN A VENT à toit pivotant. Fort probablement moulinà grain, nous ne savons rien de lui, sinon qu'il est postérieur à celui de Corbière, sans doute de 1767. Notons aussi qu'il est situé à quelque distance du village et non pas à l'endroit le plus élevé (contrairement à ceux de Calvisson). Il est aussi peu éloigné de l'autre moulin. Sans doute peut-on voir dans  ce choix d'emplacement, une volonté d'occuper une position "centrale" ou du moins proche de chemins d'accès. Comme le moulin à eau, il devait être destiné non seulement à Junas, mais aussi à d'autres villages limitrophes. (Voir une photo sur le forum)

L'Olive

Retrouvons nous le 4janvier 1654, bond en avant qui permet une approche de l'activitéoléicole à Junas. Deux COMPOIX (ancêtre des cadastres) avaient étédressés pour Junas : l'un en 1554, l'autre en1659. Un troisième l'avaitété pour Gavernes en 1659 également. Tous ces registres, consevés auchâteau d'Aubais ont malheureusement disparu. Il nous est doncimpossible de connaître l'étendu des champs d'oliviers ou "olivettes".Souvent "complantéses", ces olivettes représentaient à Aubais, selon lecompoix de 1547, 5% de la Surface Agricole Utile. Au cours du XVIIèmesiècle, l'olivier "quitte" la garrigue : on en complante aussi sur les"terres labourables" (terres céréalières) et la production d'huile sedéveloppe : de23 ha environ en 1547, l'olivier couvre 78ha en 1714. Lemarché de l'huile d'olive étant porteur, il devient un enjeu économiqueau XVIIème siècle. A n'en pas douter, Junas a connu une évolutionsimilaire.

En1654 donc, un acte double concerne les moulins à huile de Junas. Car ily en avait deux : un petit, installé dans une maison, et un gros, celuidont nos anciens se souviennent, installé en lieu et place du foyercommunal actuel. Tous deux appartenaient à un particulier, Isaac Lafon.Ils étaient passés de mains en mains par vents successives (PierreDelord en 1627, Jean Cabane en 1640, etc...). Mais en 1654, c'est Louisde Baschi, le seigneur, qui s'en porte acquéreur. De fait, le statutdes moulins change : ils deviennent banaux, c'est-à-dire que lemonopole du pressage des olives de Junas et Gavernes est désormais tenupar le seigneur. Dès lors, les habitants n'ont plus le droit d'édifierd'autres moulins. Ils "seront tenus de déférer les olives qu'ilsrecueilleront (...) au susdit moulin banier et non ailleurs, a pained'amende et de confiscation desdites olives".


Le pressage

Louisde Baschi en profite pour fermer le petit moulin, de sorte qu'il n'enreste qu'un acquis pour 755 livres. C'est la teneur du premier acte.Par le second, il confie la gestion du moulin banal à la communauté.Ainsi, moyennant une "pension annuell et perpétuelle" de 62 livres 10sols, payable au seigneur "chaque jour de carême", les habitants ontl'entière liberté de choisir l'artisan qui pressera les olives et ceune fois par an, selon une procédure particulière : quiconque étantintéressé s'inscrit auprès des consuls, en consignant au registre lasomme qu'il réclame pour son travail. Le marché est alloué au"moins-disant", à celui qui demande le moins. Elle dure au moinsjusqu'à la révolution.

Lesparagraphes précédents montrent comment le seigneur devint, pour sonplus grand bénéfice, propriétaire du moulin à huile de Junas en 1654.Son descendant fit de même à Aubais en 1737. La seigneurie d'Aubaisdégageait en 1764 20800 Livres de revenu annuel. Pour avoir une idée del'ampleur de cette somme, il suffit de savoir qu'un bon cheval coûtaità l'époque dans les 80 livres. Ces imposantes recettes permettaient àla famille seigneuriale d'importante acquisitions qui venaient agrandirson domaine foncier. Ainsi, les métairies de CHRISTIN et du MAS DE LAVIEILLE furent acquises le 26 janvier 1698 à un seigneur deMontpellier, Antoine de Galière, pour la somme de 33000 livres.

Cetexemple montre que si le seigneur d'Aubais avait des droits sur toutela contrée, il n'en possédait pas toujours le fond. D'autres seigneursétaient propriétaires au sein même de la seigneurie. Par ailleurs, il asubsisté longtemps un certain nombre d'ALLEUX, c'est-à-dire des terresnon nobles, ou roturières, appartenant à un paysan aisé ayant résistéaux assauts du seigneur. Mais ces petits propriétaires payaient quandmême des droits, et quant ils étaient à bout de ressources, leurspossessions venaient élargir le domaine du seigneur. Ainsi, le 5juillet 1447, Elie Coste de Gallargues, héritier de feu Gilles Fournierde Gavernes, abandonne t-il la "Tuilerie ou Teulière" (de laquelles'agit-il : la haute ou la basse ?) à Antoine du Cailar (familleBERMOND) "en compensation de tous les arrérage (= arriérés) de cens et rentes qu'il devoit audit seigneur à cause de ladite tuilerie". On le voit, pas plus qu'aujourd'hui le collecteur d'impôts ne faisait de cadeaux aux mauvais payeurs...


Les impôts...

Nous n'avons pour l'heure aucune idée de la part des impôts seigneuriaux ni de l'ampleur de la dîme, ces deux paramètres variant d'une seigneurie, d'une paroisse à l'autre. Dans ce pays ) forte majorité protestante, nous ne savons pas non plus comment la dîme a pu être collectée... Par contre, les impôts royaux étaient prélevés par deux collecteurs nommé parmi les notables. L'un collectait à Junas, l'autre à Gavernes. Les consuls répartissaient probablement eux-même l'impôt entre les habitants, la sénéchaussée (juridiction royale) n'étant intéressée que par l'enveloppe globale. D'une manière générale, la fonction de collecteur - qui était rémunérée par prélèvements supplémentaires auprès du contribuable - ne semble pas avoir été une corvée. Dans certains pays, en effet, les collecteur étaient très mal vus. Nous n'avons pas relevé à Junas de friction, ni de problèmes de désignation des collecteurs. Par contre, au XVIIIème siècle, la communauté se plaint de plus en plus souvent : les nouveaux impôts royaux, notamment LE VINGTIEME, instauré en 1740 pour renflouer les caisses après les guerres d'Espagne et de Hollande, ne "passent pas ". A plusieurs reprises, la communauté se déclare incapable de payer. Il en va de même pour un autre impôt, LA CAPITATION (levée à partir de 1695, déjà pour financer la guerre d'Espagne). Ainsi, en 1757, la sénéchaussée réclame à Junas la somme de 840 Livres. Le 23 janvier, le conseil avise celle-ci que 450 Livres seraient raisonnables, "ce qui fairoit cinq Livres pour chaque maison à raison de quatre vingt dix maisons qu'il y  a dans la communauté, desquelles il n'y en a qu'environ trente cinq qui soient en état de les supporter".Aussi, les arriérés d'impôts s'accumulent-ils. A deux reprises au XVIIIème siècle, les consuls reçoivent la visite de la milice chargée de récupérer l'argent manquant...

...et la population

De surcroît, les aléas climatiques deviennent systématiquement prétexte à une demande d'exemption d'impôt dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle ; autant d'indices qui démontrent le poids grandissant des charges fiscales. Ainsi, le 18 juin 1764, après de fortes pluies et gelées blanches, "les habitants se voyent hors d'état de payer leurs impositions et d'entretenir leurs familles". Ainsi, le 19 mars 1766, en mars 1768, en mars 1775 où les "habitants se voyent réduits à la disette sans secours pour pouvoir s'alimenter". Comme le laisse entrevoir le texte de 1757 cité plus haut, seuls 35 foyers sur 90 (soit de 100 à 150 habitants sur le triple) pouvaient s'acquitter de l'impôt. Junas n'est donc pas un village riche.

Le village

L'aspect du village est profondément modifié au cours de ces trois siècles d'histoires avant la révolution. Tout d'abord, les maisons de l'époque médiévale à l'intérieur de la première enceinte ont presque toutes été remaniées, ne conservant des anciennes que les substructures, des voûtes essentiellement. Le réemploi des pierres rend la "lecture" des façades très difficile. Dans l'ensemble cependant, le tracé des rues primitives a été conservé sauf à l'Est de la porte encore visible place de la Croix.

Ensuite, le village s'est agrandi hors de la première muraille, ce qui a conduit à la construction d'une seconde, difficilement datable. Mais au XVIIIème siècle - et peut-être plus tôt - les remparts ne servent plus. L'habitat déborde à nouveau ce cadre pour se développer "bizarrement" dans trois secteurs distincts. Ici, pas de village groupé, massé ou tassé, mais au contraire trois îlots distants, s'agençant autour des jardins. Les raisons de cette croissance en quartiers séparés sont probablement multiples ; l'une d'entre elles est peut-être le facteur religieux.

Cependant, la partie médiévale reste - c'est encore le cas aujourd'hui - le "centre de vie". Il gravite autour du four commun, du moulin à huile, de l'église et du cimetière, du vieux "castrum" ; des commerces (deux cabarets, deux boucheries en 1790) attestés par les textes et des artisans (la forge Place de la Croix) y tenaient une enseigne : certaines façades révèlent des ouvertures larges en plein cintre, fermées à mi-hauteur, modèle bien connu des petites échoppes.